vendredi 27 novembre 2015

L’accès des populations aux logements est un gage de stabilité sociale en Afrique (Ministre)



Le ministre d’Etat ivoirien en charge des affaires étrangères, Charles Koffi Diby a fait remarquer, jeudi , à Abidjan que l’accès des populations aux logements est un gage de stabilité pour un pays.

Le chef de la diplomatie ivoirienne s'exprimait au cours d'un séminaire sur le financement du logement en Afrique à l'initiative du Réseau Habitat et Francophonie (RHF), en partenariat avec la Banque de l'habitat de Côte d'Ivoire (BHCI) et la Chambre de commerce et d'industrie de Côte d'Ivoire (CCICI).

« La question du logement est d'une importance capitale pour les pays d'Afrique subsaharienne. Faciliter l'accès du logement aux populations, c'est leur donner l'espoir d'avoir une dignité. Cela participe à la stabilité d'un pays », a insisté M. Diby, représentant le Premier ministre ivoirien.

Pour Charles Koffi Diby , « il faut développer une vraie politique sociale afin d'aider les couches les plus défavorables ».

Auparavant, le ministre de la Construction, du Logement, de l'Assainissement et de l'Urbanisme, Mamadou Sanogo saluant l'importance d'une telle assise, a souligné l'impérieuse nécessité du financement de logement.

« Le financement est un levier indispensable de production en masse de logements sociaux et d'accès en grand nombre des populations à faible revenus aux logements sociaux », a-t-il indiqué.

Selon lui, l'Etat ivoirien dans le cadre de sa politique de production de logements a mené plusieurs actions que sont entre autres « la purge des droits coutumiers pour la constitution de réserves foncières, la réalisation des travaux de VRD (Voiries Réseaux Divers) primaires, des exonérations fiscales » qui se chiffrent à 35 milliards de FCFA pour les sites de nouvelles villes à Bingerville (40 hectares) ,Modeste (80 hectares) et Songon (400 hectares) .

Ces actions à en croire, Mamadou Sanogo , constituent « des mécanismes directs et indirects qui devraient impacter considérablement le cout des logements à l'acquéreur , ainsi que la production en grands nombre de logements sociaux » .

Bernard Hoarau, Président du Réseau Habitat Francophonie a relevé de son côté la complexité de la question du logement et de son financement . D'où l'importance de cette rencontre de la capitale économique ivoirienne. « Il faut faire du logement social une grande cause dans les pays africains », a -t-il conclu.

SY/ls/APA

© Abidjan.net 

dimanche 22 novembre 2015

Francophonie/logement: 20 pays et 500 experts attendus, jeudi, au conclave d’Abidjan


Près de 500 experts nationaux et internationaux issus d’une vingtaine de pays membres du Réseau Habitat et Francophonie (RHF) sont attendus au conclave d’Abidjan destiné à réfléchir, jeudi prochain, sur des propositions à faires aux gouvernements francophones en vue de la mise en place de financements permettant aux populations d’accéder aux logements.

"Nous attendons près de 20 pays membres du Réseau, 100 experts extérieurs et 400 experts locaux", a déclaré, samedi, en marge d’une conférence de presse à l’Agence de Presse Africaine (APA) Adou Assalé, Président de la Commission PME/PMI de la Chambre de commerce et d’industrie de Côte d’Ivoire, par ailleurs membre du Comité d’organisation de cette assise d’Abidjan.

"Nous allons réfléchir sur un sujet d’actualité et d’importance qui est le logement", a-t-il ajouté en soulignant que "le logement est le premier pilier de lutte contre la pauvreté". Selon lui, ce séminaire "nous permettra de proposer des solutions à nos gouvernements francophones afin qu’ils arrivent à mettre en place des financements qui permettront" à chaque personne "d’accéder au logement, qu’il soit locatif ou propriété individuelle".

Placé sous le patronage du Chef de l’Etat ivoirien Alassane Ouattara ainsi que sous la présidence du Premier Ministre Daniel Kablan Duncan, et en partenariat avec la Chambre du commerce et d’industrie de Côte d’Ivoire (CCICI) et la Banque de l’habitat de Côte d’Ivoire (BHCI), ce séminaire s’inscrit dans le cadre du prolongement des travaux déjà entamés par des institutions telles que la Banque mondiale (BM), la Banque africaine de développement (BAD), l’Agence française de développement (AFD) et l’ONU habitat.

Le séminaire s’adresse aux acteurs de l’habitat d’Afrique francophone, aux autorités des pays d’Afrique francophone, aux membres de la Société civile ainsi qu’aux étudiants et chercheurs. Des communications, tables rondes et autres échanges meubleront ce rendez-vous de l’habitat dans la capitale économique ivoirienne.

Présent sur la scène internationale depuis 25 ans, le Réseau Habitat et Francophonie qui a son siège à Paris en France est le réseau international des professionnels de l’habitat social dans les pays francophones. Il permet à ses membres, qu’ils soient aménageurs, constructeurs, gestionnaires ou financeurs d’optimiser leurs pratiques et d’accroître leurs performances grâce aux échanges d’expériences.

Le développement d’une offre de logements à coût abordable est un défi majeur sur le continent, face auquel il est urgent d’agir, insiste le Réseau Habitat et Francophonie (RHF). Les villes africaines connaissent le plus fort taux de croissance au monde. La population urbaine devrait tripler d’ici 2050, passant de 455 millions à 1,34 milliard. Pourtant, aujourd’hui déjà, l’offre de logements est très insuffisante, entraînant une pénurie généralisée de logements, aux conséquences dévastatrices sur les plans économiques et sociaux, et donc sur le développement humain.

LS/APA


vendredi 20 novembre 2015

Hausse de la notation de la Côte d’Ivoire par l’agence Moody’s: la ministre Kaba Nialé explique les retombées et perspectives pour le pays (Déclaration)


Le jeudi 05 novembre 2015 dernier à New York, l’Agence Moody’s a mis à jour la note souveraine de long terme de la Côte d’Ivoire la faisant passer de B1 à Ba3 avec perspective stable au lieu de positive précédemment.

La Côte d’Ivoire quitte ainsi la catégorie « très spéculative » avec une probabilité de remboursement incertaine à moyen terme, pour rejoindre la catégorie « spéculative » où les pays sont considérés comme peu vulnérables à court terme mais avec un risque de non remboursement plus important sur le long terme.

Comment la Côte d’Ivoire doit-elle apprécier cette évolution favorable? Quelles en sont les retombées ? Et quels sont les défis liés à cette avancée notable?


DU PROCESSUS ET DES ENJEUX DE LA NOTATION

Les agences de notation sont des entreprises privées dont le métier est d’évaluer des entreprises ou des pays quand à leur capacité à faire face à leurs engagements à court, moyen et long terme.

Le pays présente-t-il un profil intéressant pour solliciter des financements sur les marchés internationaux des capitaux, a-t-il la capacité de rembourser et à bonne date ?

Ces agences évaluent ainsi le risque de crédit des États qui cherchent à contracter des prêts ou à émettre des titres à revenu fixe, tels que les obligations sur le marché des capitaux.

Il faut indiquer que le secteur de la notation est dominé par trois agences : Moody’s, Standard & Poor’s et Fitch Ratings.

Déjà en 2014, à la faveur du lancement de son premier Eurobond, la Côte d’Ivoire avait sollicité et obtenu la notation des Agences Moody’s et Fitch Ratings qui lui avaient respectivement attribué les notes B1 et B+ avec perspective positive. Cette notation avait permis à la Côte d’Ivoire de mobiliser sur les marchés internationaux 750 millions de dollars US en 2014 et 1 milliard de dollar US en février 2015.
Mais comment procèdent les agences pour attribuer une note ?

Dans leur processus de notation souveraine, les agences de notation se basent sur une combinaison d’indicateurs qualitatifs et quantitatifs pour se faire une appréciation du risque que représente un pays.

Les données utilisées appartiennent généralement à quatre grandes familles :

• Les performances économiques qui font état de la capacité d’un pays à générer de la croissance (variables retenues : croissance, inflation…).
• L’analyse des finances publiques qui permet de juger la trajectoire et la soutenabilité à terme de la dette publique (dette publique, déficit public, service de la dette…).
• L’analyse des risques externes afin de mesurer l’intégration et la dépendance des pays vis-à-vis de l’extérieur dans les échanges de biens et de capitaux (échanges commerciaux, balance des paiements, dette détenue par les non-résidents…).
• Les perspectives politiques basées sur des indicateurs structurels pour évaluer la flexibilité et la qualité des institutions.
Dans la pratique, l’agence mandatée a accès à l’ensemble des documents et des responsables du pays client. Le processus initial dure plusieurs semaines de contacts et d’analyses intensives, au terme desquels l’agence donne une note définitive.
Ce fut le cas avec notre pays en 2014 et, c’est le cas chaque six mois pour une mise à jour de la notation.
L’agence est totalement libre dans ce processus et le client n’a pas la moindre possibilité d’empêcher l’agence de publier, sans même l’en avertir, une révision de la note.

Enjeu de la notation

Les notes donnent aux prêteurs éventuels des indications sur la solvabilité de l’emprunteur, ce qui permet de déterminer le taux d’intérêt, donc le prix, que l’emprunteur doit payer pour son financement.

Ainsi, un émetteur bien noté va donc jouir d’un accès privilégié aux marchés financiers et bénéficier d’un coût de l’endettement faible. En revanche, plus la note de l’émetteur est faible, plus ses conditions d’accès aux marchés sont difficiles et les taux d’intérêt auxquels il doit se financer sont importants, les investisseurs exigeant une prime de risque élevée.

DE LA REVISION A LA HAUSSE DE LA NOTE DE LA COTE D’IVOIRE PAR MOODY’S

Trois raisons principales ont justifié ce rehaussement de la note de la Côte d’Ivoire par Moody’s, à savoir :

• la consolidation de la stabilité politique après l’élection présidentielle réussie sans le moindre trouble. Cela dissipe les incertitudes politiques et ouvre la voie à une poursuite des efforts de réconciliation nationale entamés;
• la bonne gestion des finances publiques soutenue par des perspectives de croissance très fortes : la Côte d’Ivoire a réussi à maintenir un déficit budgétaire faible, tout en augmentant de façon significative les investissements publics. Une amélioration de la mobilisation des recettes fiscales a permis de maintenir le niveau de la dette à un niveau très soutenable (de 34,2% du PIB en 2012 à 37,5% à la fin 2015 (attendu).
• l’amélioration de la gouvernance et de la force institutionnelle : le pays est classé parmi les 10 meilleurs réformateurs pour deux années consécutives, selon le rapport Doing Business du Groupe de la Banque mondiale, avec une amélioration de son rang de 30 places. L’amélioration du climat des affaires a contribué à augmenter l’investissement privé à une prévision de 10,7% du PIB en 2015 contre 5,6% en 2011. Cette proportion devrait atteindre un minimum de 15% du PIB pour l’investissement privé en 2020.

En outre Moody’s indique qu’à moyen terme, trois (3) facteurs pourraient améliorer la note de la Côte d’Ivoire, à savoir :

(1) la poursuite des réformes structurelles qui soutiennent la hausse de l’investissement privé ;
(2) d’autres améliorations importantes dans la gouvernance et la compétitivité ; et
(3) la poursuite de la forte croissance économique avec une maitrise de l’endettement.



RETOMBEES ET PERSPECTIVES

Pour ainsi dire, depuis son arrivée au pouvoir en 2011, le Président de la République, son Excellence Alassane OUATTARA a partagé sa vision de faire de la Côte d’Ivoire un pays émergent à l’horizon 2020. Ainsi, sous son leadership, la Côte d’Ivoire a entrepris d’importantes réformes structurelles dont les résultats sont aujourd’hui reconnus par tous. L’on peut citer entre autres :

(i) le retour définitif de la paix, de la sécurité et de la stabilité politique, matérialisé par le retour à Abidjan des grandes institutions (BAD, UNESCO, BIT, OIT, INTERPOL, etc.) qui avaient délocalisé leur siège du fait de la crise ;
(ii) les performances économiques remarquables avec un taux de croissance moyen de 9% sur la période 2012-2014, faisant de la Côte d’Ivoire l’un des pays à plus forte croissance économique au monde ;
(iii) le gain de 30 places en deux ans dans le classement « Doing Business » de la Banque Mondiale qui évalue l’amélioration du climat des affaires. La Côte d’Ivoire a fait partie pendant deux années consécutives (2014 et 2015) des 10 meilleurs pays réformateurs au monde ; (iv) la Côte d’Ivoire est devenue la 8ème économie la plus compétitive du continent africain et la 91ème au niveau mondial selon le « Global Competitiveness Report » du Forum Economique Mondial de 2015;
(v) la Côte d’Ivoire a été classée en tête des cinq meilleures performances sur les cinq (05) dernières en matière d’amélioration de la gouvernance par la prestigieuse Fondation Mo Ibrahim (Rapport 2015) ;
(vi) la Côte d’Ivoire est à nouveau éligible à l’AGOA et au Programme MCC des USA ;
(vii) bref

La récente révision à la hausse de la note souveraine de Côte d’Ivoire par l’agence Moody’s est donc une reconnaissance du travail abattu par le Gouvernement sous la haute autorité du Président de la République. Elle indique également que notre pays continue de bénéficier de la confiance des investisseurs internationaux pour son avenir.
Cette nouvelle notation va donc accroître les perspectives de mobilisation de ressources par la Côte d’Ivoire sur les marchés financiers internationaux pour le financement des investissements prévus dans le nouveau Plan National de Développement (PND) 2016-2020, en cours de finalisation.

Les trois facteurs d’amélioration à moyen terme de la notation indiqués par Moody’s sont largement pris en compte par le Président de la République Son Excellence Monsieur Alassane OUATTARA qui, lors de sa prestation de serment le 03 novembre 2015, a donné sa vision d’une Côte d’Ivoire nouvelle pour son second mandat. Cette vision d’un ivoirien nouveau devrait se caractériser par des changements dans les Institutions, dans la façon de travailler et dans la façon de penser.

Sur cette base, le Président de la République a pris les principaux engagements suivants :

(i) travailler à consolider la stabilité institutionnelle et sociale ;
(ii) travailler à l’amélioration les conditions de vie des populations ;
(iii) mettre en œuvre des réformes visant à assurer un meilleur partage des fruits de la croissance ;
(iv) Promouvoir une industrialisation basée sur la transformation des produits agricoles, pour générer des emplois, notamment pour les jeunes, tant en milieu urbain qu’en milieu rural ;
(v) œuvrer à réduire les distorsions existantes entre hommes et femmes, tant dans le secteur public que dans le secteur privé.

Les perspectives sont donc bonnes et chaque ivoirien doit s’engager résolument à servir le pays pour un devenir plus reluisant.
http://finances.gouv.ci.com